21.11.2009

> Désenclavement du territoire : des solutions alternatives ?

circulation.jpgNous en sommes tous conscients, le développement économique passe par des voies de communications efficaces. Pour autant, tous les projets sont-ils les bienvenus ? Assurément NON, car pour les réaliser, c'est dans l'immédiat ou à terme (voire les 2) notre porte-monnaie de contribuable qui est sollicité. Depuis quelques temps, à proximité de notre commune, on évoque le doublement de la départementale entre Saint-Etienne et le Syndicat. Sous la houlette du conseil général (et de lui seul, puisqu'il s'agit d'un axe "de 2nde importance"), un projet est "dans les tuyaux". La facture annoncée serait de l'ordre de 40 millions d'euros... Pour à peine 6 km de tronçon... Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ?...

Depuis des années se pose la question de l'accès à la montagne vosgienne, et en particulier au secteur de Gérardmer. Le développement du tourisme (et ses retombées économiques), ainsi que la survie des PME du secteur sont au coeur de cette problématique. Jusqu'à présent la réflexion des élus s'est trop souvent cantonnée (sans jeu de mot) à envisager des évolutions concernant les axes routiers. Dans le cadre d'une meilleure maîtrise des dépenses collectives locales, d'une volonté de s'interroger sur l'impact environnemental des choix à venir et aussi, ne nous le cachons pas, de la dépense individuelle lorsqu'on s'en remet toujours plus à sa voiture personnelle, il est sans doute temps d'évoluer et de mettre dans la balance d'autres arguments que la seule possibilité de faire circuler toujours plus de voitures. D'autres pays voisins ont fait des choix plus équlibrés en s'en remettant davantage aux transports collectifs (bus / tram / train...). Pourquoi ne pourrions-nous pas infléchir nos habitudes, surtout si cela permet de réelles économies ? Après tout (et par exemple), la géographie de la Forêt Noire ressemble bigrement (et historiquement) à nos Vosges. Alors n'hésitons pas à nous inspirer de ce qui se fait de mieux outre Rhin ; nous avons tous à y gagner.

Moins loin de nous, observons avec attention la réflexion quasi unanime qui a vu le déplacement d'une délégation d'élus à Paris en compagnie du député Vannson, concernant la construction du tronçon suivant de la déviation de Rupt sur Moselle (jusqu'au Thillot). Là aussi la réalité prend le pas sur les exigences initiales, en envisageant un projet à moindre coût qui, sous prétexte de désenclavement, n'aboutisse pas finalement à isoler en conséquence complètement tous les villages du tronçon.

En attendant, pour nourrir le débat du côté de Saint-Amé, et permettre à chacun d'en mesurer les enjeux, un collectif (Vosges Transports Innovants) regroupant diverses associations a vu le jour cette année pour réfléchir et proposer d'autres choix que les "vieilles recettes" actuellement proposées. Jean-Pierre Gand, navoiriaud bien connu, fait partie de l'équipe qui annime ce collectif. Un réunion publique est prévue vendredi 27 novembre à 20h à la salle municipale du Syndicat. Nous y serons !

15.11.2009

> Une semaine riche en évènements

A_Cordy.JPGLa semaine à venir sera marquée par une actualité riche au niveau local. D'abord, jeudi soir a lieu le conseil municipal mensuel. Parmi les 39 points à l'ordre du jour, plusieurs taux en prévision du budget 2010. Des décisions importantes pour l'avenir, puisque dans la perspective de la possible suppression de la taxe professionnelle, maintenir les équilibres budgétaires sera loin d'être une simple formalité...

La fin de la semaine sera plus festive avec la représentation dimanche de la pièce "Laissez-moi sortir", avec Annie Cordy, au Centre Socio-Culturel. Vous pouvez trouvez quelques informations sur cette pièce sur le site lorrain d'annonces de spectacles http://www.sortir-en-lorraine.info/. Pour toute réservation, contactez le CSC de Saint-Nabord au 03 29 62 13 27

Bonne semaine !

07.11.2009

> Fiscalité locale : vers l'après taxe professionnelle ?

euro-grand.jpgTraditionnellement, dans les communes, la fin de l'année civile est l'occasion d'un premier bilan financier, étape obligatoire pour qui veut sérieusement ébaucher le projet de budget suivant. Cette année risque fort de voir le calendrier décalé, pour cause de réglementation générale inconnue. Chacun a bien compris aujourd'hui que les clivages traditionnels "gauche / droite" sont mis à mal par le projet de réforme de la taxe professionnelle engagée par le gouvernement. La dernière sortie des sénateurs UMP (élus, rappelons le, par les grands électeurs, issus des maires et conseillers municipaux - ceci explique probablement cela) met clairement en lumière toutes les interrogations (fondées) que les élus locaux se posent actuellement sur la marge financière qui sera celle des communes à l'avenir. Et par voie de conséquence, la pérennité des investissements consentis ou à venir, sans avoir recours à une taxation plus importante des ménages.

Le sujet est complexe. D'autant que tout le monde (ou presque) est d'accord pour critiquer l'esprit de la taxe professionnelle, ayant pour objet (malgré plus de 60 toilettages successifs en 3 décennies) de ponctionner les entreprises au moment où elles investissent (pour se développer), et ce, avant même que le moindre bénéfice lié à ces investissements ne soit perçu. Comme coup d'arrêt au moteur économique, on fait rarement pire ! Mais ce n'est hélas pas le seul aspect du problème : à l'autre bout de la chaine, le législateur a attribué aux communes et aux collectivités locales les recettes de cette taxe, directement perçue à partir de taux adoptés (dans une fourchette réglementaire) par les instances concernées. Au final, ce sont plus de la moitié des recettes des communes qui arrivent par ce biai, excusez du peu ! Le résultat de cette fiscalité étant un lien très fort entre les entreprises et les collectivités locales. Lien que les communes entretiennent en retour en essayant d'attirer les entreprises sur leur territoire (d'où la multiplication des zones industrielles) et également en initiant des travaux d'entretien, de rénovation, de construction, en particulier dans le secteur du "BTP" (mais pas seulement), et dont il faut bien reconnaître qu'aujourd'hui, les collectivités locales sont souvent les premiers partenaires commerciaux. En période de crise économique, ce n'est pas neutre, loin s'en faut : sans ce lien direct, nombre d'entreprises et/ou d'artisans auraient probablement mis la clé sous la porte en 2009... On le comprend bien : la taxe professionnelle est le moteur d'un véritable cycle économique complexe à l'échelon local. Dans le contexte de décentralisation des missions publiques constatées depuis 25 ans, cet équilibre est d'autant plus vital.

Doit-on pour autant prôner le statu-quo actuel, certainement pas. Chaque possibilité de réduire les risques de délocalisation de nos entreprises, voire de favoriser la "relocalisation" doit être réflechie sans tabou. Néanmoins, il est crucial que cette réflexion n'enlève pas une part de l'autonomie des collectivité locale. C'est tout l'esprit des décentralisations successives qui en dépend. En l'espèce, il ne s'agit pas d'une déconcentration. La différence entre les 2 concepts étant l'autonomie réelle. Or le projet actuel du gouvernement tend à assimiler les marges de manoeuvre des collectivités locales davantage à une déconcentration, puisque la suppression de la taxe professionnelle serait compensée par une dotation équivalente de l'Etat. Dotation dont la pérennité n'est d'ailleurs pas garantie...

En l'état actuel du projet, difficile donc de ne pas comprendre les craintes des élus locaux (ou de leurs représentants). D'autant que 2 autres discussions parlementaires sont étroitement liées à celle-ci ; l'instauration d'une taxe carbonne et la réforme des collectivités locales. Gageons qu'à l'Assemblée comme au Sénat, les discussions aboutiront à la formule appropriée qui permettra tout à la fois de satisfaire aux 4 impératifs de cette réforme : donner une respiration aux entreprises, garantir l'autonomie (et les finances) des collectivités locales, maintenir le lien "communes / entreprises" et tout ceci sans avoir recours à des augmentations d'impôts pour les ménages que nous sommes...

01.11.2009

> La Toussaint : le temps du souvenir

toussaint-719995.jpgLa Toussaint est pour nous tous l'occasion de nous souvenir de nos ainés, nos proches, nos amis qui nous ont quittés. Occasion aussi de se retrouver en famille autour d'un repas ou dans les allées du cimetière. Et de transmettre nos racines à nos enfants en leur parlant de l'arrière grand père, du grand oncle, de la grand-mère, etc. Sans tomber dans la mélancolie d'une journée d'automne, ces moments sont une étape nécessaire à toute construction individuelle, dans la transmission des valeurs. Savoir d'où on vient pour mieux comprendre où on va.

D’après une étude du CREDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), près de neuf français sur dix se rendent au cimetière au moins une fois dans l’année. Sept sur dix s’y rendent, au moins de temps en temps, à la Toussaint. De plus en plus souvent, ils vont fleurir un columbarium car, si une majorité de morts sont encore enterrés, une part croissante est en effet incinérée.

La crémation, qui n’était choisie que pour 1% des obsèques en 1979, en concernait 28% en 2007. Aujourd'hui, 44% des français envisagent l’incinération, contre 37,5% favorables à l’inhumation. Ces intentions de crémations sont fortes surtout chez les plus jeunes, les moins religieux et ceux qui ont assisté à une crémation à leur dernière cérémonie. Les plus de 80 ans sont 68% à souhaiter un enterrement traditionnel.

Le nombre d’incinérations a doublé en dix ans pour dépasser les 152.000 en 2008. La diminution de la pratique religieuse chrétienne ces dernières années, la multiplication des familles monoparentales ou recomposées, l'éloignement géographique (le plus souvent par obligation professionnelle) jouent un rôle dans la baisse de l’inhumation au profit de la crémation. Les français choisissent l’inhumation pour des questions religieuses (34%) et en raison des traditions familiales. En cas de crémation, ils sont 47% à souhaiter que leurs cendres soient dispersées, 24% souhaitent une urne et 14% laisseront d’autres personnes décider de leur sort.

Le parlement a d’ailleurs légiféré (loi du 19 décembre 2008) pour donner un statut aux cendres humaines, qui en étaient jusqu’alors dépourvues. L’urne peut être conservée dans un columbarium ou dans un caveau de famille, mais pas au domicile des proches. Les cendres peuvent être déposées dans le jardin du souvenir du cimetière. Pour une dispersion en pleine nature, il faut faire une déclaration à la mairie du lieu de naissance du défunt. Si les français sont de plus en plus favorables à la crémation, ils sont néanmoins 52 % à souhaiter une cérémonie religieuse pour leurs obsèques.

La fréquentation des cimetières décline. De moins en moins de tombes sont fleuries les 1er novembre. Il faut dire que les rites funéraires ont beaucoup changé en un demi-siècle. Toutefois, pour une majorité de français, ils sont importants : 63% des individus estiment que le respect des funérailles permet de garder des repères qui sont transmis de génération en génération. Avant, la dimension sociale primait. Aujourd'hui, c'est l'aspect psychologique qui l'emporte et les obsèques se recentrent sur l'intime, une conséquence de l'évolution du mode de vie. Aujourd’hui, avec les familles recomposées, la mobilité sociale et surtout la médicalisation qui fait qu’on meurt de plus en plus à l’hôpital, la mort est devenue moins intime. Lors de la cérémonie, le lieu, la musique et les textes sont privilégiés, et les français veulent aussi faire rimer rite funéraire et écologie : la deuxième raison évoquée, après celle de ne pas embarrasser la famille, est d’ordre écologique. Désormais dans le choix des cercueils, le respect de l’environnement est pris en compte. Des choix plus simples, moins codés par le religieux, mais nécessaires pour faire le travail de deuil.

> Conseil communautaire : Dynamique constructive en panne...

bonnet_ane200.jpgL'ordre du jour n'étant pas suffisamment important (ni urgent), la municipalité n'a pas jugé nécessaire de réunir le conseil municipal durant ce mois d'octobre. Considérons positivement ce choix en supposant que plutôt qu'une réunion de plus, nos élus "planchent" en interne sur les sujets qui pourraient prochainement faire l'actualité locale, et au 1er chef le budget 2010... Gageons que la communication et la consultation sauront se mettre en place pour éviter une information "après coup", mais bien une prise encompte des attentes et des situations vécues. Certes la démocratie est d'abord réglementairement une délégation de pouvoir. Elle n'empêche pas pour autant (au contraire !) un minimum de dialogue et d'échanges.

En parallèle des instance navoiriaude se réunissent également les délégués des communes formant notre communauté de communes (Dommartin, Remiremont, Saint Etienne, Saint Nabord et Vecoux). Le 29 octobre, Saint-Nabord accueillait les différents délégués. Occasion pour nous de découvrir d'un peu plus près (puisque la réunion est publique), les membres composant cette instance et surtout l'esprit qui anime les différents représentants. Rappelons que le président est le maire de Remiremont (JP Didier) et que chaque maire des 4 autres communes est vice-président. L'assemblée est composée de 26 membres en tout (minimum 2 représentants par commune et les autres membres au prorata de la population constatée par commune).

Ces rappels étant énoncés, venons en maintenant aux contenus... Il n'y a pas 50 manières d'aborder le ressenti des spectateurs assitant à la réunion de jeudi dernier : c'est une véritable catastrophe ! D'un côté, nous observons un président qui essaye d'utiliser au maximum la structure pour "redistribuer" la facture des prestations et services romarimontains, sous prétexte qu'elles concernent également, et en nombre, les habitants des communes périphériques. Et d'un autre côté les dites communes périphériques qui essayent comme elles peuvent de limiter les retombées financières locales... La palme revenant à Dommartin, qui pendant plus d'une heure a tenté de montrer que la réunion du jour était illégale, sous couvert d'un nombre de représentants trop conséquent du côté de Remiremont, au vu des dernières statistiques démographiques (en baisse) de la cité des chanoinesses... Chacun peut donc aisément imaginer le climat délétaire qui règne entre les membres du bureau et plus globalement entre les différents représentants des communes selon leur origine...

Nous nous garderons bien de juger qui a raison ou tort dans le débat "clochemerlesque" occupant la majeure partie de la soirée. Et pour tout dire, il est bien loin des préoccupations plus citoyennes dont nous espérions l'évocation en venant à la réunion. Seules les conséquences méritent d'être observées : à l'arrivée pas de décision "forte" adoptée, pas de débat sur les enjeux préoccupant les concitoyens, pas de perspective de voir l'intercommunalité prendre en charge des missions actuellement dévolues aux communes et où pourtant une gestion plus vaste permettrait assurément des économies. Et surtout un manque affligeant de confiance et de volonté commune d'avancer en tenant compte des avis de chacun. Bref, une absence totale de dynamique constructive. Pire : l'impression que l'intercommunalité est en train de provoquer davantage de maux que de réalisation à l'avenir...

Et pendant ce temps, chacun a pu constater que la fiscalité intercommunale n'a pas baissé, loin de là ! Alors à quoi cela sert-il, sinon à indemniser des élus qui sont incapables de se mettre autour d'une table pour évoquer les préoccupation de leurs concitoyens en se focalisant davantage sur ce qui rassemble plutôt que sur ce qui divise ? Nous sommes pour notre part, très réservés sur l'intérêt de cette communauté de communes, au vu du contexte, alors que sur la papier, l'objectif est évident. Certes la diversité des tailles des communes composant l'intercommunalité locale n'est pas un atout, c'est une certitude. Mais de là à donner l'image catastrophique qui était celle proposée jeudi dernier, il y a un abîme que nous n'imaginions pas devoir constater en ces temps où il importe plutôt de se "serrer les coudes" collectivement pour faire face à l'adversité et aux difficultés de tous ordres...

25.10.2009

> Sécurité routière : accidents en hausse.

accident.jpgCes dernières semaines, de bien mauvaises statistiques ont été publiées concernant l'évolution annuelle de la sécurité routière dans notre département : nombre d'accidents (et donc de décès) en hausse : 25 tués, 272 blessés et 220 accidents rien que pour 2009. Et la comparaison avec les autres départements confirme la mauvaise impression : là où les jeunes de 15 à 24 ans sont impliqués à 26,8% au niveau national, ils le sont à 44% dans les accidents vosgiens de la route. 31% de "2 roues motorisées" chez nous (20,3% en moyenne nationale). 25% des accidents mortels ont une origine dans l'abus d'alcool au niveau départemental (contre 10% en France). Enfin (pour l'aspect "chiffré" du sujet), la vitesse excessive est à l'origine de 58% des accidents mortels dans les Vosges (50% en moyenne nationale).

Il y a donc urgence à prendre ce problème à bras le corps. Et le préfet Dominique Sorain, arrivé depuis peu à Epinal, l'a bien compris, le plaçant dans les priorités de ses missions locales. Un Document Général d'Orientation de sécurité routière (DGO) a d'ailleurs été élaboré, pour lancer une dynamique commune et où tous les interlocuteurs pourront s'impliquer (collectivités / écoles / forces de l'ordre...). Ce document reprend 4 enjeux nationaux ( les jeunes / les 2 roues motorisées / alcool et substances addictives / vitesse). S'y ajoutent deux enjeux plus locaux (obstacles latéraux / poids lourds).

A notre niveau, nous ne pouvons qu'approuver la démarche. Ce qui ne nous empêche pas d'observer la réalité de nos routes navoiriaudes. En premier lieu la "2x2" qui traverse notre commune. Là aussi, les statistiques sont malheureusement éloquentes : il est bien rare qu'une semaine se passe sans qu'un accident n'y soit constaté. Fort heureusement, il ne s'agit le plus souvent que de tôle froissée. Mais les faits sont là. Et sans parler des autres voiries où les accidents sont également constatés.

Même si toutes les voiries qui desservent Saint-Nabord ne sont pas exclusivement de la responsabilité communale, il serait néanmoins intéressant de se saisir du sujet (communal, voire -sans doute plus conséquent- au niveau inter-communal) pour établir un projet de réflexion cohérent et concerté sur cette problématique. Cela pourrait déboucher sur une planification de travaux à effectuer dans l'urgence, de décisions (ou demandes lorsque le choix ne relève pas de notre compétence) de demandes d'évolutions des vitesses autorisées, etc. Si nous reprenons l'exemple de la 2x2, pourquoi ne pas réfléchir à une limitation à 100 km/h dans la traversée de Saint-Nabord (au moins par temps de pluie), à une signalisation accrue des virages où ont lieu le plus fréquemment les accidents ?... Autant de pistes de réflexions collégiales dont nous espérons que nos élus auront à coeur de se préoccuper, car ils concernent la vie quotidienne de nombreuses familles navoiriaudes.

22.10.2009

> Le SLEC recrute pour encadrer les jeunes

Article publié dans Vosges Matin il y a quelques jours.
Le SLEC cherche des "encadrants" pour que les activités proposées puissent être suivies : c'est la rançon du succès !
Si vous avez un peu de temps, n'hésitez pas.
(cliquer sur la photo pour la rendre lisible)

09.10.21 Article SLEC.JPG

17.10.2009

> Quelle école pour nos enfants ?

ecole.jpgIl y a environ 35 ans l'école de la République changeait radicalement de logique : les réformes "Haby" (du nom du ministre de l'époque) constituent la date retenue par l'Histoire pour l'évolution d'une école jusque là "élitiste" dorénavant en marche vers sa "massification" (100% des jeunes socilarisés jusque 16 ans -au moins- dans des locaux communs, école puis collège). A ce moment là, beaucoup ont imaginé que tripler ou quadrupler le nombre de jeunes allant ensemble au delà du "certif" allait permettre d'accéder à l'excellence éducative... La réalité aujourd'hui nous montre qu'ils se sont bel et bien leurrés et ont un peu trop vite oublié que la vérité s'établirait autour du "rapport de force" entre ceux qui accédaient aux savoirs jusque là et ceux qui allaient désormais y accéder : à 1 contre 4, peu de chance que ce ne soit pas les 4 qui imposent leurs repères, plutôt que l'élite des générations précédentes... Ce que chacun appelle "la baisse de niveau"... Il n'en fallait par ailleurs pas davantage pour que progressivement l'école, auparavant en marge des maux de la société, ne devienne un condensé de la société elle-même ; la massification a débouché sur l'évident constat actuel des difficultés qui gangrènent l'école : violences, incivilités, absence d'envie, fracture sociale, rapport à l'argent, etc...

Faut-il pour autant renoncer au généreux modèle, d'autant que celui-ci a un coût pour nous tous (1er budget de l'Etat) ? Assurément NON ! Avant d'aborder les pistes et les objectifs, on doit admettre comme postulat que nous ne revivrons pas l'époque "bénie" (si tant soit qu'elle le fut) des hussards noirs de la 3è République. La réalité de l'école aujourd'hui, c'est que la grande majorité des élèves n'est pas motivée pour y venir. Et donc se désintéresse des savoirs transmis. Plusieurs raisons expliquent ce constat. D'abord la difficulté des parents (majoritairement isolés ou en famille "recomposée") de donner un "rythme" et des repères besogneux, une exigence de régularité, à leur progéniture, en particulier lors de garde partagée. Ensuite une situation économique où l'école a du mal à jouer son rôle d'ascenceur social. Jusque dans les années 80, l'école permettait "raisonnablement" d'envisager construire une vie meilleure que celle de ses aînés. Est-ce toujours le cas (Et qu'entend-on aujourd'hui par vie meilleure ?...) ?... Sans doute pas. Et puis ce dernier aspect se mélange souvent à la fausse réalité selon laquelle le diplôme ne serait pas (plus ?) un facilitateur d'insertion professionnelle. Il nous faut ici rétablir la vérité pour cet aspect du problème : si avoir un diplôme ne garantit pas systématiquement et immédiatement contrat de travail et salaire, on peut par contre être assuré qu'entre un diplômé et un jeune sans qualification, le premier entrera plus rapidement et à meilleure salaire dans la vie active que le second...

Quelque part, on pourrait résumer tout ceci en disant qu'aujourd'hui, majoritairement, dans la société, on n'a plus confiance en l'école laïque et républicaine pour remplir le "contrat scolaire" et assurer la mission qui lui est dévolue : former, éduquer et qualifier. D'autant que le couple gagnant "travail-réussite" est mis à mal fréquemment (voire davantage), confirmé par les loisirs livrés "clé en main" où, via la fructueuse télé-réalité, des sommes faramineuses sont mises en jeu pour récompenser plus souvent l'oisiveté et la "stratégie" plutôt que l'ouvrage et le labeur. Quel jeune ne rêve pas en voyant 15 ou 20 post adolescents vulgaires, ne parvenant pas à juxtaposer 2 phrases sensées, construites et cohérentes, rencontrer le succès et gagner plusieurs dizaines (centaines) de milliers d'euros ? Alors que pendant ce temps, celui qui se lève chaque matin pour travailler peine à payer son loyer et sa nourriture. Et voit son pouvoir d'achat fondre comme neige au soleil...

Certes le Président de la République annonce, via la réforme des lycées, qu'il ne suffira pas d'être bien né pour réussir. Mais quelle traduction dans les faits ? Il y a urgence à prendre conscience d'un nécessaire changement profond des valeurs (et des actes) qui forment notre "contrat social", qu'il soit affiché ou non-dit. A quand le mérite récompensé plutôt que le paraître ? A quand une société capable de "remettre son métier 100 fois sur l'ouvrage" plutôt que récompenser au quotidien le superficiel (et donc l'éphémère et le "bâclé") ? Notre société aujourd'hui mondialisée doit impérativement parvenir à redonner du sens et de la démarche collective à ses modèles. Surtout s'ils doivent être durables... C'est par cette évolution profonde que le comportement de chacun retrouvera des automatismes positivement valorisants. C'est par ce changement des références individuelles et collectives que l'école pourra redevenir une véritable outil sociétal de construction au service de tous. Bien éloigné de la récompense fiduciaire un temps évoquée par la seule présence (d'ailleurs en aucun cas synonyme d'investissement pour s'approprier les savoirs enseignés).

La synthèse et la conclusion s'imposent d'elles-mêmes : c'est parce que la société parviendra (ou non) à se renouveler dans ses concepts et ses pratiques que l'écoles retrouvera sa place et sa légitimité premières...

11.10.2009

> Impôts locaux : quelles perspectives ?

impots.jpgCette semaine, la 2è partie de nos impôts locaux (taxe d'habitation / redevance TV) est arrivée dans nos boîtes aux lettres. Comme annoncé un peu partout, malheureusement, pas de miracle pour notre porte-monnaie à cette occasion : le taux communal reste stable, mais par le jeu de l'augmentation des bases, chaque foyer paie davantage. Le taux intercommunal prend 0,17%, et se cumule avec la même évolution des bases pour une augmentation finale (en pourcentage) souvent à 2 chiffres. La fiscalité départementale, dans une moindre mesure, suit le même type d'évolution : + 0,61% pour le taux et au final une augmentation supérieure à 5%... Une fois de plus et malgré les promesses, l'impression d'être pris pour les vaches à lait du système, toujours bons pour payer davantage sans forcément constater au quotidien d'évolution positive en retour de cet "investissement contribuable obligatoire" annuel...

Au delà de la réaction individuelle toute légitime, on doit s'interroger sur l'avenir de la fiscalité : entre l'endettement record de l'Etat (qui parallèlement transfert de plus en plus de missions aux collectivités locales), et les augmentations avérées sur toutes nos factures d'impôts locaux, où va-t-on ?... On nous annonce la fin de la taxe professionnelle (pour les entreprises) d'ici 2011. Chacun sait que cet impôt constitue une des ressources les plus importantes des communes et communautés de communes (si ce n'est la plus importante). Certes, cet impôt était relativement injuste, puisque taxant l'investissement des entreprises, de par son mode de calcul. Certes, l'Etat promet une compensation par une nouvelle taxe (Cotisation Economique Territoriale), ainsi qu'un transfert de ressources (jusque là uniquement touchées par l'Etat). Mais alors de deux choses l'une : ou bien le transfert se pérénnise, impliquant une nouvelle baisse des ressources au niveau national (et donc une nouvelle augmentation de l'endettement public, dont il faudra bien, soit dit en passant, se préoccuper un jour sérieusement). Ou bien cette promesse de transfert n'est que provisoire, et alors ce seront les contribuables qui, d'une manière ou d'une autre, feront les frais de cette baisse des ressources locales (davantage d'impôts / baisse de la qualité des services / voire les 2 cumulés)... Et tout ceci sans forcément offrir de garantie pour une meilleure santé globale de nos entreprises. Regardons, par exemple, le résultat de la baisse de la TVA dans la restauration. A de trop rares exceptions, cela n'a pas impacté tant de créations d'emploi qu'espéré... Voire aucun... On admettra toutefois que pour certains établissements, cela a permis, en période de crise économique (et donc de moindre fréquentation), de se tirer d'une mauvaise passe financière... Mais pour combien de temps ?...

Pour en revenir à notre sujet fiscal initial, ce rapide diagnostic invite chacun à réfléchir à d'autres types de solutions qui, au niveau des collectivités (et donc des contribuables), faute d'aboutir à des baisses (ne rêvons pas !), pourraient tout au moins permettre une stabilité des factures. Et à défaut des augmentations inférieures (pour la totalité de la facture des ménages) à l'augmentation annuelle constatée du coût de la vie (ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui). Il n'y a pas 50 solutions, et les belles promesses de lendemains meilleurs n'y changeront rien : il y a urgence à regrouper et optimiser la gestion des communes et des communautés de communes d'une part. Et regrouper et optimiser la gestion des départements et de la région d'autre part. Car à l'intérieur du "1000 feuilles" administratif territorial actuel, le contribuable est sollicité à chaque niveau. Nous sommes tous attachés à notre commune et à notre département. Cela ne fait aucun doute ! Mais nous voyons bien aujourd'hui que cette double préoccupation historique a un coût de plus en plus imsupportable pour chacun, alors que dans le même temps, faute de fonctionnement simple, la communauté de commune s'enlise ou se fourvoit dans des projets loin d'êtres prioritaires... Il n'y a donc probablement pas d'autre choix qu'accepter à terme des regroupements, qui sont autant de changements difficiles, mais qui, faute d'être actés, condamneraient sans doute toute perspective d'une certaine qualité d'une service public de proximité auquel chaque citoyen est légitimement attaché. il y a parfois des choix difficiles, mais salutaires. Etre responsable, c'est accepter et impulser ces évolutions, lorsqu'elles vont dans le sens de l'intérêt général.

04.10.2009

> Véritable sortie de crise ou ultime boulimie sur-consommatrice ?...

Caddies.jpgAprès un an durant lequel les médias nous ont rabaché du matin au soir (et du soir au matin) que nous étions en pleine crise économique (qui plus est, la plus grave depuis un siècle), nous serions aujourd'hui en passe d'être sortis d'affaire si on écoute les avis experts de nos politiques de tous bords. Réalité ou illusion éphémère ?

Pour mieux cerner le contexte il faut re-situer le modèle de société dans lequel nous vivons depuis l'après-guerre et qui se résume ainsi : une sur-consommation permanente des ménages. Il suffit de regarder comment cela se décline autour de nous : les petits commerces ont quasiment tous baissé rideau pour laisser place à des zones industrielles où s'étalent des "hyper-surfaces" spécialisées dans tout et n'importe quoi : nourriture, meubles, bricolage, vêtements, jouets, etc. Cette évolution majeure, qui amène nos villes à se déserter de plus en plus, nous vient tout droit de l'autre côté de l'Atlantique et pas d'ailleurs. L'objectif est simple : faire venir de plus en plus de clients pas forcément en absolue nécessité de consommer pour leur permettre de dépenser leur revenus (et plus si nécessaire via des crédits) pour acheter, acheter, acheter... et encore acheter... Cette "sur-consommation" étant le moteur pour permettre de produire encore plus... Et donc devoir acheter encore plus... Serpent de mer...

Aujourd'hui, la crise économique est passée par là, doublée d'une préoccupation écologique toute récente, pour faire réfléchir le consommateur à 2 fois avant de dépenser ce qu'il n'a plus. Prenons un exemple : les années passées, si le revenu mensuel était "un peu juste" pour se payer le "dernier" caddie du mois, qui n'utilisait pas la réserve permanente de crédit de sa carte du supermarché, plutôt que réfléchir à ses achats ? Bien peu à vrai dire se limitaient à ce qu'ils pouvaient dépenser. Et s'ils le faisaient, ils passaient pour des "rétrogrades" qui ne profitaient pas de la vie... Aujourd'hui, les conditions de crédit devenant plus drastiques et les mentalités évoluant (tant mieux !), le choix n'est probablement plus le même : les ménages "tirent" sur le contenu du frigo et du célier pour gagner une semaine. C'est la décroissance... Et lorsque le compte en banque se remplit à nouveau, alors une sorte de frénésie consommatrice tente de reprendre le dessus... Que chacun maîtrise plus ou moins selon sa volonté... et le contenu de son compte en banque... Bref, la consommation reprend, mais probablement un peu mieux maîtrisée... et forcément globalement moindre (financièrement parlant) ; on refait rarement deux fois les mêmes erreurs...

C'est probablement ce qui se passe à l'échelle mondiale de l'économie actuellement : chacun a cherché à optimiser davantage ses dépenses, voire a choisi de reporter une dépense importante (voiture, habitat, loisirs, etc.). Et il arrive un moment où l'échéance est incontournable, ce qui oblige à une "légère reprise" des dépenses... L'impression que la crise est derrière nous...

En réalité, les choses sont probablement un peu plus complexes pour les raisons que nous venons d'évoquer. Au delà de la décroissance, c'est probablement tout le modèle économique qui est en train de changer. L'objectif n'est plus de dépenser toujours plus, mais de dépenser mieux et en tenant compte d'un autre critère : l'impact environnemental. Quel changement ! En attendant que cette nouvelle donne soit définitivement sur les rails, il y a obligatoirement un moment plus ou moins long d'évolutions difficilement prévisibles durant lequel l'alternance entre les habitudes de l'ancien "logiciel économique" et le nouveau se chevauchent, se complètent ou s'opposent. Et c'est probablement sur la crête d'une de ces vagues économique où nous nous trouvons actuellement, laissant l'impression que tout va mieux... Ne nous y trompons pas : les interférences risquent de se prolonger alternativement avec des moments plus positifs pendant encore quelques années.

Observons maintenant d'un peu plus près ce nouveau modèle économique, intitulé "croissance verte". Il ne faut pas trop rêver... Il s'agira probablement plutôt d'une "décroissance" verte. Car si on veut constater des progrès environnementaux, il faut clairement annoncer qu'il nous faudra consommer moins... Certains voient par exemple l'avenir en électrique, mais au delà des "poubelles" nucléaires (l'éolien et le solaire ne suffiront jamais à couvrir tous les besoins) que nous laisserons à nos enfants, personne n'évoque le recyclage des piles et batteries après usages... Donc par quelque approche qu'on étudie la perspective, il y a des déchets... Et un déchet, quel qu'il soit, ce n'est jamais "vert"...

A partir de là, il appartient aux politiques, nationaux et locaux de "tracer le chemin", sans démagogie. Etre capable de dire que parmi les attentes sociales, il faudra faire des choix difficiles sur les valeurs à prioriser : salaire, travail, santé, retraite... Et surtout en toute transparence et en l'appliquant à tous, eux y compris... En période de conflit majeur, les générations passées ont accepté de s'adapter. Toute vérité équitable est acceptable. Il n'y a pas de raison qu'en période d'évolution des pratiques individuelles, il n'en soit pas de même, sans "explosion sociale". Mais pour cela, il faut stopper la surrenchère des rêves utopiques et tenir d'honnêtes discours où chacun à son échelle donne l'exemple.

De tout temps, les crises ont été l'occasion d'évolutions, de "remises à plat", face aux contraintes. Faisons en sorte que cela perdure pour construire ensemble l'avenir. Et surtout que cela repose sur des valeurs morales communes et durables.