28.11.2008
> Travail dominical : une fausse bonne solution ?
Le projet de loi sur l'extension de l'ouverture des magasins le dimanche n'en finit pas d'être réécrit. Pour ne pas dire dépecé, puisqu'il est déjà bien en deçà des ambitions initiales et pourrait même se contenter, in fine, de légaliser la situation existante.
A l'issue de nouvelles réunions de conciliation organisées à l'Assemblée et à l'Elysée, les opposants au texte (parmi lesquels des députés UMP, dont Marc Le Fur, vice-président de l'Assemblée) ont obtenu plusieurs concessions de taille, déjà dans les tuyaux : la réaffirmation du principe du repos dominical et l'interdiction d'ouverture le dimanche après-midi des grandes surfaces comportant des commerces de produits alimentaires. Des évolutions saluées par les frondeurs et qui permettent à Jean-François Copé (président du groupe UMP à l'Assemblée) de se dire « raisonnablement confiant » pour faire aboutir le projet. Une nouvelle réunion a néanmoins été programmée mardi prochain pour tenter de lever le dernier point de blocage : le choix des agglomérations de plus de 1 million d'habitants (Paris, Marseille, Lille et Lyon) qui seront concernées par le texte.
Les tenants d'une opposition ferme à l'ouverture dominicale ont trouvé du grain à moudre dans le rapport du Crédoc, commandé cet été par le secrétaire d'Etat à la Consommation, Luc Chatel, et qui vient d'être publié. Prudent, il conclut qu'en dépit d'une « petite majorité » de Français favorables à une libéralisation, il n'y a pas d'« aspiration profonde » à l'ouverture systématique. L'impact sur la croissance, qui a été l'un des arguments de la proposition de réforme, serait en outre « modeste ». En raison, relève le document, « de la proportion relativement limitée des consommateurs qui estiment qu'ils achèteraient le dimanche si les magasins étaient ouverts, et de la proportion plus faible encore de ceux qui considèrent que cela les conduirait à augmenter globalement leurs dépenses ».
Autre argument, plus politique : avec la crise et le sentiment des Français, déjà ancien, d'une érosion de leur pouvoir d'achat, l'ouverture dominicale pourrait « renforcer un sentiment de restriction qui pèse sur le moral des ménages et le climat social ».
Notre commune n'est pas directement concernée par ce projet de loi. Néanmoins, la tendance va vers des horaires d'ouvertures de plus en plus longs dans les grandes surfaces à proximité. Cela ne manquera pas de rejaillir négativement sur les commerçants locaux qui, le dimanche, sont jusqu'à présent les seuls à offrir un service et une disponibilité. N'oublions pas qu'Intermarché (pour ne citer que lui) voit son parking rempli chaque dimanche matin. Si d'autres enseignes venaient à être ouvertes également chaque dimanche, nul doute qu'Intermarché y laisseraient des plumes... Et la réfléxion s'applique aussi pour les quelques commerces de service qui demeurent présents (trop peu nombreux à mon goût) sur notre commune : boucherie, boulangerie, tabac, etc.
Soutenons donc les commerces de proximité pour que le dimanche matin reste leur apanage, sous peine de risquer de les voir disparaître complètement de notre commune. Et laissons les familles profiter d'un jour de repos hebdomadaire. Après une semaine bien remplie et besogneuse, il peut (doit ?) aussi y avoir un jour où l'argent n'est pas le seul moteur, mais bien d'autres valeurs et préoccupations plus humaines...
15:41 Publié dans Actualité - Civisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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