01.11.2009
> La Toussaint : le temps du souvenir
La Toussaint est pour nous tous l'occasion de nous souvenir de nos ainés, nos proches, nos amis qui nous ont quittés. Occasion aussi de se retrouver en famille autour d'un repas ou dans les allées du cimetière. Et de transmettre nos racines à nos enfants en leur parlant de l'arrière grand père, du grand oncle, de la grand-mère, etc. Sans tomber dans la mélancolie d'une journée d'automne, ces moments sont une étape nécessaire à toute construction individuelle, dans la transmission des valeurs. Savoir d'où on vient pour mieux comprendre où on va.
D’après une étude du CREDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), près de neuf français sur dix se rendent au cimetière au moins une fois dans l’année. Sept sur dix s’y rendent, au moins de temps en temps, à la Toussaint. De plus en plus souvent, ils vont fleurir un columbarium car, si une majorité de morts sont encore enterrés, une part croissante est en effet incinérée.
La crémation, qui n’était choisie que pour 1% des obsèques en 1979, en concernait 28% en 2007. Aujourd'hui, 44% des français envisagent l’incinération, contre 37,5% favorables à l’inhumation. Ces intentions de crémations sont fortes surtout chez les plus jeunes, les moins religieux et ceux qui ont assisté à une crémation à leur dernière cérémonie. Les plus de 80 ans sont 68% à souhaiter un enterrement traditionnel.
Le nombre d’incinérations a doublé en dix ans pour dépasser les 152.000 en 2008. La diminution de la pratique religieuse chrétienne ces dernières années, la multiplication des familles monoparentales ou recomposées, l'éloignement géographique (le plus souvent par obligation professionnelle) jouent un rôle dans la baisse de l’inhumation au profit de la crémation. Les français choisissent l’inhumation pour des questions religieuses (34%) et en raison des traditions familiales. En cas de crémation, ils sont 47% à souhaiter que leurs cendres soient dispersées, 24% souhaitent une urne et 14% laisseront d’autres personnes décider de leur sort.
Le parlement a d’ailleurs légiféré (loi du 19 décembre 2008) pour donner un statut aux cendres humaines, qui en étaient jusqu’alors dépourvues. L’urne peut être conservée dans un columbarium ou dans un caveau de famille, mais pas au domicile des proches. Les cendres peuvent être déposées dans le jardin du souvenir du cimetière. Pour une dispersion en pleine nature, il faut faire une déclaration à la mairie du lieu de naissance du défunt. Si les français sont de plus en plus favorables à la crémation, ils sont néanmoins 52 % à souhaiter une cérémonie religieuse pour leurs obsèques.
La fréquentation des cimetières décline. De moins en moins de tombes sont fleuries les 1er novembre. Il faut dire que les rites funéraires ont beaucoup changé en un demi-siècle. Toutefois, pour une majorité de français, ils sont importants : 63% des individus estiment que le respect des funérailles permet de garder des repères qui sont transmis de génération en génération. Avant, la dimension sociale primait. Aujourd'hui, c'est l'aspect psychologique qui l'emporte et les obsèques se recentrent sur l'intime, une conséquence de l'évolution du mode de vie. Aujourd’hui, avec les familles recomposées, la mobilité sociale et surtout la médicalisation qui fait qu’on meurt de plus en plus à l’hôpital, la mort est devenue moins intime. Lors de la cérémonie, le lieu, la musique et les textes sont privilégiés, et les français veulent aussi faire rimer rite funéraire et écologie : la deuxième raison évoquée, après celle de ne pas embarrasser la famille, est d’ordre écologique. Désormais dans le choix des cercueils, le respect de l’environnement est pris en compte. Des choix plus simples, moins codés par le religieux, mais nécessaires pour faire le travail de deuil.
14:56 Publié dans Actualité - Civisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



Ecrire un commentaire