07.11.2009
> Fiscalité locale : vers l'après taxe professionnelle ?
Traditionnellement, dans les communes, la fin de l'année civile est l'occasion d'un premier bilan financier, étape obligatoire pour qui veut sérieusement ébaucher le projet de budget suivant. Cette année risque fort de voir le calendrier décalé, pour cause de réglementation générale inconnue. Chacun a bien compris aujourd'hui que les clivages traditionnels "gauche / droite" sont mis à mal par le projet de réforme de la taxe professionnelle engagée par le gouvernement. La dernière sortie des sénateurs UMP (élus, rappelons le, par les grands électeurs, issus des maires et conseillers municipaux - ceci explique probablement cela) met clairement en lumière toutes les interrogations (fondées) que les élus locaux se posent actuellement sur la marge financière qui sera celle des communes à l'avenir. Et par voie de conséquence, la pérennité des investissements consentis ou à venir, sans avoir recours à une taxation plus importante des ménages.
Le sujet est complexe. D'autant que tout le monde (ou presque) est d'accord pour critiquer l'esprit de la taxe professionnelle, ayant pour objet (malgré plus de 60 toilettages successifs en 3 décennies) de ponctionner les entreprises au moment où elles investissent (pour se développer), et ce, avant même que le moindre bénéfice lié à ces investissements ne soit perçu. Comme coup d'arrêt au moteur économique, on fait rarement pire ! Mais ce n'est hélas pas le seul aspect du problème : à l'autre bout de la chaine, le législateur a attribué aux communes et aux collectivités locales les recettes de cette taxe, directement perçue à partir de taux adoptés (dans une fourchette réglementaire) par les instances concernées. Au final, ce sont plus de la moitié des recettes des communes qui arrivent par ce biai, excusez du peu ! Le résultat de cette fiscalité étant un lien très fort entre les entreprises et les collectivités locales. Lien que les communes entretiennent en retour en essayant d'attirer les entreprises sur leur territoire (d'où la multiplication des zones industrielles) et également en initiant des travaux d'entretien, de rénovation, de construction, en particulier dans le secteur du "BTP" (mais pas seulement), et dont il faut bien reconnaître qu'aujourd'hui, les collectivités locales sont souvent les premiers partenaires commerciaux. En période de crise économique, ce n'est pas neutre, loin s'en faut : sans ce lien direct, nombre d'entreprises et/ou d'artisans auraient probablement mis la clé sous la porte en 2009... On le comprend bien : la taxe professionnelle est le moteur d'un véritable cycle économique complexe à l'échelon local. Dans le contexte de décentralisation des missions publiques constatées depuis 25 ans, cet équilibre est d'autant plus vital.
Doit-on pour autant prôner le statu-quo actuel, certainement pas. Chaque possibilité de réduire les risques de délocalisation de nos entreprises, voire de favoriser la "relocalisation" doit être réflechie sans tabou. Néanmoins, il est crucial que cette réflexion n'enlève pas une part de l'autonomie des collectivité locale. C'est tout l'esprit des décentralisations successives qui en dépend. En l'espèce, il ne s'agit pas d'une déconcentration. La différence entre les 2 concepts étant l'autonomie réelle. Or le projet actuel du gouvernement tend à assimiler les marges de manoeuvre des collectivités locales davantage à une déconcentration, puisque la suppression de la taxe professionnelle serait compensée par une dotation équivalente de l'Etat. Dotation dont la pérennité n'est d'ailleurs pas garantie...
En l'état actuel du projet, difficile donc de ne pas comprendre les craintes des élus locaux (ou de leurs représentants). D'autant que 2 autres discussions parlementaires sont étroitement liées à celle-ci ; l'instauration d'une taxe carbonne et la réforme des collectivités locales. Gageons qu'à l'Assemblée comme au Sénat, les discussions aboutiront à la formule appropriée qui permettra tout à la fois de satisfaire aux 4 impératifs de cette réforme : donner une respiration aux entreprises, garantir l'autonomie (et les finances) des collectivités locales, maintenir le lien "communes / entreprises" et tout ceci sans avoir recours à des augmentations d'impôts pour les ménages que nous sommes...
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11.10.2009
> Impôts locaux : quelles perspectives ?
Cette semaine, la 2è partie de nos impôts locaux (taxe d'habitation / redevance TV) est arrivée dans nos boîtes aux lettres. Comme annoncé un peu partout, malheureusement, pas de miracle pour notre porte-monnaie à cette occasion : le taux communal reste stable, mais par le jeu de l'augmentation des bases, chaque foyer paie davantage. Le taux intercommunal prend 0,17%, et se cumule avec la même évolution des bases pour une augmentation finale (en pourcentage) souvent à 2 chiffres. La fiscalité départementale, dans une moindre mesure, suit le même type d'évolution : + 0,61% pour le taux et au final une augmentation supérieure à 5%... Une fois de plus et malgré les promesses, l'impression d'être pris pour les vaches à lait du système, toujours bons pour payer davantage sans forcément constater au quotidien d'évolution positive en retour de cet "investissement contribuable obligatoire" annuel...
Au delà de la réaction individuelle toute légitime, on doit s'interroger sur l'avenir de la fiscalité : entre l'endettement record de l'Etat (qui parallèlement transfert de plus en plus de missions aux collectivités locales), et les augmentations avérées sur toutes nos factures d'impôts locaux, où va-t-on ?... On nous annonce la fin de la taxe professionnelle (pour les entreprises) d'ici 2011. Chacun sait que cet impôt constitue une des ressources les plus importantes des communes et communautés de communes (si ce n'est la plus importante). Certes, cet impôt était relativement injuste, puisque taxant l'investissement des entreprises, de par son mode de calcul. Certes, l'Etat promet une compensation par une nouvelle taxe (Cotisation Economique Territoriale), ainsi qu'un transfert de ressources (jusque là uniquement touchées par l'Etat). Mais alors de deux choses l'une : ou bien le transfert se pérénnise, impliquant une nouvelle baisse des ressources au niveau national (et donc une nouvelle augmentation de l'endettement public, dont il faudra bien, soit dit en passant, se préoccuper un jour sérieusement). Ou bien cette promesse de transfert n'est que provisoire, et alors ce seront les contribuables qui, d'une manière ou d'une autre, feront les frais de cette baisse des ressources locales (davantage d'impôts / baisse de la qualité des services / voire les 2 cumulés)... Et tout ceci sans forcément offrir de garantie pour une meilleure santé globale de nos entreprises. Regardons, par exemple, le résultat de la baisse de la TVA dans la restauration. A de trop rares exceptions, cela n'a pas impacté tant de créations d'emploi qu'espéré... Voire aucun... On admettra toutefois que pour certains établissements, cela a permis, en période de crise économique (et donc de moindre fréquentation), de se tirer d'une mauvaise passe financière... Mais pour combien de temps ?...
Pour en revenir à notre sujet fiscal initial, ce rapide diagnostic invite chacun à réfléchir à d'autres types de solutions qui, au niveau des collectivités (et donc des contribuables), faute d'aboutir à des baisses (ne rêvons pas !), pourraient tout au moins permettre une stabilité des factures. Et à défaut des augmentations inférieures (pour la totalité de la facture des ménages) à l'augmentation annuelle constatée du coût de la vie (ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui). Il n'y a pas 50 solutions, et les belles promesses de lendemains meilleurs n'y changeront rien : il y a urgence à regrouper et optimiser la gestion des communes et des communautés de communes d'une part. Et regrouper et optimiser la gestion des départements et de la région d'autre part. Car à l'intérieur du "1000 feuilles" administratif territorial actuel, le contribuable est sollicité à chaque niveau. Nous sommes tous attachés à notre commune et à notre département. Cela ne fait aucun doute ! Mais nous voyons bien aujourd'hui que cette double préoccupation historique a un coût de plus en plus imsupportable pour chacun, alors que dans le même temps, faute de fonctionnement simple, la communauté de commune s'enlise ou se fourvoit dans des projets loin d'êtres prioritaires... Il n'y a donc probablement pas d'autre choix qu'accepter à terme des regroupements, qui sont autant de changements difficiles, mais qui, faute d'être actés, condamneraient sans doute toute perspective d'une certaine qualité d'une service public de proximité auquel chaque citoyen est légitimement attaché. il y a parfois des choix difficiles, mais salutaires. Etre responsable, c'est accepter et impulser ces évolutions, lorsqu'elles vont dans le sens de l'intérêt général.
14:16 Publié dans Economie - Finances | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.10.2009
> Véritable sortie de crise ou ultime boulimie sur-consommatrice ?...
Après un an durant lequel les médias nous ont rabaché du matin au soir (et du soir au matin) que nous étions en pleine crise économique (qui plus est, la plus grave depuis un siècle), nous serions aujourd'hui en passe d'être sortis d'affaire si on écoute les avis experts de nos politiques de tous bords. Réalité ou illusion éphémère ?
Pour mieux cerner le contexte il faut re-situer le modèle de société dans lequel nous vivons depuis l'après-guerre et qui se résume ainsi : une sur-consommation permanente des ménages. Il suffit de regarder comment cela se décline autour de nous : les petits commerces ont quasiment tous baissé rideau pour laisser place à des zones industrielles où s'étalent des "hyper-surfaces" spécialisées dans tout et n'importe quoi : nourriture, meubles, bricolage, vêtements, jouets, etc. Cette évolution majeure, qui amène nos villes à se déserter de plus en plus, nous vient tout droit de l'autre côté de l'Atlantique et pas d'ailleurs. L'objectif est simple : faire venir de plus en plus de clients pas forcément en absolue nécessité de consommer pour leur permettre de dépenser leur revenus (et plus si nécessaire via des crédits) pour acheter, acheter, acheter... et encore acheter... Cette "sur-consommation" étant le moteur pour permettre de produire encore plus... Et donc devoir acheter encore plus... Serpent de mer...
Aujourd'hui, la crise économique est passée par là, doublée d'une préoccupation écologique toute récente, pour faire réfléchir le consommateur à 2 fois avant de dépenser ce qu'il n'a plus. Prenons un exemple : les années passées, si le revenu mensuel était "un peu juste" pour se payer le "dernier" caddie du mois, qui n'utilisait pas la réserve permanente de crédit de sa carte du supermarché, plutôt que réfléchir à ses achats ? Bien peu à vrai dire se limitaient à ce qu'ils pouvaient dépenser. Et s'ils le faisaient, ils passaient pour des "rétrogrades" qui ne profitaient pas de la vie... Aujourd'hui, les conditions de crédit devenant plus drastiques et les mentalités évoluant (tant mieux !), le choix n'est probablement plus le même : les ménages "tirent" sur le contenu du frigo et du célier pour gagner une semaine. C'est la décroissance... Et lorsque le compte en banque se remplit à nouveau, alors une sorte de frénésie consommatrice tente de reprendre le dessus... Que chacun maîtrise plus ou moins selon sa volonté... et le contenu de son compte en banque... Bref, la consommation reprend, mais probablement un peu mieux maîtrisée... et forcément globalement moindre (financièrement parlant) ; on refait rarement deux fois les mêmes erreurs...
C'est probablement ce qui se passe à l'échelle mondiale de l'économie actuellement : chacun a cherché à optimiser davantage ses dépenses, voire a choisi de reporter une dépense importante (voiture, habitat, loisirs, etc.). Et il arrive un moment où l'échéance est incontournable, ce qui oblige à une "légère reprise" des dépenses... L'impression que la crise est derrière nous...
En réalité, les choses sont probablement un peu plus complexes pour les raisons que nous venons d'évoquer. Au delà de la décroissance, c'est probablement tout le modèle économique qui est en train de changer. L'objectif n'est plus de dépenser toujours plus, mais de dépenser mieux et en tenant compte d'un autre critère : l'impact environnemental. Quel changement ! En attendant que cette nouvelle donne soit définitivement sur les rails, il y a obligatoirement un moment plus ou moins long d'évolutions difficilement prévisibles durant lequel l'alternance entre les habitudes de l'ancien "logiciel économique" et le nouveau se chevauchent, se complètent ou s'opposent. Et c'est probablement sur la crête d'une de ces vagues économique où nous nous trouvons actuellement, laissant l'impression que tout va mieux... Ne nous y trompons pas : les interférences risquent de se prolonger alternativement avec des moments plus positifs pendant encore quelques années.
Observons maintenant d'un peu plus près ce nouveau modèle économique, intitulé "croissance verte". Il ne faut pas trop rêver... Il s'agira probablement plutôt d'une "décroissance" verte. Car si on veut constater des progrès environnementaux, il faut clairement annoncer qu'il nous faudra consommer moins... Certains voient par exemple l'avenir en électrique, mais au delà des "poubelles" nucléaires (l'éolien et le solaire ne suffiront jamais à couvrir tous les besoins) que nous laisserons à nos enfants, personne n'évoque le recyclage des piles et batteries après usages... Donc par quelque approche qu'on étudie la perspective, il y a des déchets... Et un déchet, quel qu'il soit, ce n'est jamais "vert"...
A partir de là, il appartient aux politiques, nationaux et locaux de "tracer le chemin", sans démagogie. Etre capable de dire que parmi les attentes sociales, il faudra faire des choix difficiles sur les valeurs à prioriser : salaire, travail, santé, retraite... Et surtout en toute transparence et en l'appliquant à tous, eux y compris... En période de conflit majeur, les générations passées ont accepté de s'adapter. Toute vérité équitable est acceptable. Il n'y a pas de raison qu'en période d'évolution des pratiques individuelles, il n'en soit pas de même, sans "explosion sociale". Mais pour cela, il faut stopper la surrenchère des rêves utopiques et tenir d'honnêtes discours où chacun à son échelle donne l'exemple.
De tout temps, les crises ont été l'occasion d'évolutions, de "remises à plat", face aux contraintes. Faisons en sorte que cela perdure pour construire ensemble l'avenir. Et surtout que cela repose sur des valeurs morales communes et durables.
17:02 Publié dans Economie - Finances | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.09.2009
> La rentrée passée, les feuilles d'impôts locaux tombent...
Nous recevons ces jours-ci la 1ère partie de nos avis d'impôts locaux (taxes foncières). Conformément aux promesses, les taux communaux n'augmentent pas. Néanmoins, par le biai d'une augmentation des bases, le montant réclamé à chaque foyer par la commune augmente bel et bien. Et ce n'est pas tout : il faut aussi considérer l'intercommunalité. Là, point de stagnation : + 0,23 % pour le foncier bâti et + 0,42% pour le foncier non bâti...
Faut-il donc en particulier réfuter l'intercommunalité ? La réponse est clairement NON. Pour une raison indépendante des pratiques locales : d'ici quelques années (probablement 2013), la loi exigera que toute commune intègre, bon gré, mal gré, une structure intercommunale. D'ailleurs les communes qui n'ont pas encore sauté le pas, se penchent actuellement sur le sujet. Pour preuve, la décision récente de nos voisins de Bellefontaine de choisir leur communauté de communes de rattachement, plutôt que subir une prochaine décision arbitraire du préfet. Ajoutons à la description circonstanciée la future mise en place de la taxe "carbonne" en lieu et place (totale ou partielle) de l'ancienne taxe professionnelle, véritable "poumon financier" des communes. On peut s'interroger sur la collectivité locale destinatrice de ces nouvelles recettes fiscales : si le choix législatif devait opter pour les communautés de communes, cela marquerait clairement la fin de l'indépendance historique des communes, qui n'auraient alors d'autre choix, règlementairement et surtout financièrement, que de se tourner définitivement vers l'intercommunalité.
Certes, il s'agit d'une prospection. Quoi qu'il en soit, et pour revenir à notre préoccupation locale navoiriaude, le statu quo actuel semble impossible à tenir bien longtemps : par choix, nous sommes dans une sorte d'attentisme plutôt opposant dans les structures de décisions de la Communauté de Communes de la Porte des Hautes-Vosges (CCPHV). Du coup, les choix nous sont imposés, le contribuable paye toujours plus, et bien malin qui peut énoncer spontanément les apports de la CCPHV. Et pendant ce temps, des élus perçoivent des indemnités... sur notre dos...
Une autre approche est nécessaire sur ce sujet. En particulier, n'oublions pas que l'intercommunalité a été annoncée (à sa création), comme une opportunité pour réaliser des économies d'échelles et permettre, par des financements à plusieurs, de réaliser de substanciels gains. Gains qui devraient, à leur tour, autoriser certains projets, irrréalisables isolément...
N'ayons pas peur d'annoncer un objectif ambitieux : observer ensemble les coûts communaux et intercommunaux pour parvenir à la stagnation de la facture globale pour chaque foyer. Dans les temps difficiles que nous traversons, il s'agit d'une question essentielle dont il y a urgence à se saisir : les élus de proximité ont un devoir d'exemplarité !
12:28 Publié dans Economie - Finances | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
01.09.2009
> Une page se tourne pour le commerce navoiriaud
Depuis quelques temps, la transition se préparait. Elle est aujourd'hui effective : Évelyne et Robert Pernot ont transmis leur commerce "bar - tabac - presse" de la Roche Fleurie (en face de l'ancien local de la Poste), pour bénéficier d'une retraite bien méritée. Chacun retiendra la gentillesse, le sourire toujours sympathique et l'accueil chaleureux pendant les 30 ans qui viennent de s'écouler à chaque fois que nous avons franchis le seuil de leur commerce.
C'est donc maintenant au tour de Frédéric et Muriel Vançon de prendre le relais, dans la continuité. Ce changement de responsable s'accompagne d'un "raffraichissement" des locaux et d'une nouvelle appellation : le "Choco'Pistache".
Souhaitons bonne installation aux nouveaux commerçants et surtout une clientelle nombreuse, pour que continue à vivre cette enseigne importante pour le centre de notre commune.
19:16 Publié dans Economie - Finances | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18.08.2009
> Modèle social français réhabilité ?
Le modèle français, si décrié il y a peu, est-il réhabilité par la crise ? Oublié le dogme de l'infaillibilité des marchés et de sa « main aveugle » qui répartirait les richesses de façon optimale ? Notre pays, en tout cas, résiste mieux que ses voisins. Le recul du Produit intérieur brut (richesse produite) y sera moins marqué qu'ailleurs en 2009. La baisse est évaluée par la Commission européenne à 3 %, contre 3,8 % au Royaume-Uni et 5,4 % en Allemagne. Si cela ne va pas plus mal, c'est grâce au moteur de la consommation. Il continue de tourner, en partie alimenté par les différents carburants de la dépense publique.
Premier d'entre eux, les prestations sociales : vieillesse, maladie, famille, chômage... Ce système de redistribution est parmi les plus généreux au monde après la Suède. L'Insee évalue son total à 378 milliards d'euros, en 2008, soit 30 % du revenu disponible brut des ménages.
L'ensemble permet à beaucoup de personnes de garder la tête hors de l'eau - même si c'est parfois tout juste - en ayant toujours accès aux soins médicaux, en conservant un minimum de ressources une fois privées d'emploi, en bénéficiant d'un logement HLM... Quant aux retraités, le système par répartition leur garantit une pension dont le montant ne dépend pas (ou peu) des aléas de l'économie.
Autre caractéristique du modèle français, le poids de la fonction publique qui emploie un salarié sur cinq. L'ensemble des rémunérations des fonctionnaires représentera 13,2 % du PIB en 2009. Une charge pour les finances de l'État et des collectivités, mais aussi un stabilisateur important puisqu'elle ne suit pas les cycles économiques.
S'il parvient, jusqu'à présent, à protéger le plus grand nombre du naufrage quand la tempête fait rage, notre système n'est pas exempt d'inconvénients. Un, il est difficilement tenable en l'état. Si l'on continue de verser des prestations indépendamment du retournement de l'économie, on creuse les dépenses alors que les recettes diminuent. Conséquence : les déficits se creusent, alors qu'ils étaient déjà abyssaux. À la fin du premier trimestre 2009, la dette publique s'élevait à 1 413 milliards d'euros. Une facture que l'on reporte sur les générations à venir.
Deux, l'amortisseur social made in France est inégalitaire. Il profite globalement plus aux seniors qu'aux jeunes, particulièrement touchés par le chômage. La structure des dépenses le montre : les retraites pèsent pour 49 % et les soins médicaux pour 29 %. Même s'il n'y a rien de scandaleux à ce que la solidarité nationale s'exerce au profit des aînés. Ils ont cotisé pour ça et le montant de leurs pensions n'est pas toujours élevé. Trois, en dépit de son coût, notre modèle ne fait guère reculer la pauvreté.
C'est pourquoi nous devrons, une fois la crise passée, remplacer nos amortisseurs par un modèle plus juste. Au risque, sinon, qu'ils ne deviennent... des freins à la compétitivité des entreprises et aux créations d'emplois.
00:55 Publié dans Economie - Finances | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.07.2009
> Développement local : Conseil stratégique / Commission d’orientation du commerce de proximité
Hervé Novelli, secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme et des services a installé vendredi 29 mai à Bercy le Conseil stratégique et la Commission d’orientation du commerce de proximité. Ces instances créées par la loi de modernisation de l’économie doivent contribuer à apporter un nouvel élan au commerce de proximité, indispensable à la vitalité économique des territoires.
Selon une étude de l'INSEE publiée le même jour, 43% des Français ont le sentiment qu’autour d’eux il y a moins de commerces de proximité qu’il y a cinq ans. Parallèlement, un Français sur quatre a le sentiment d’une augmentation. Le nombre de commerces de proximité (alimentations générales/ supérettes, primeurs, pharmacies, boulangeries pâtisseries, boucheries etc…) entre 1999 et 2007 est effectivement en baisse, mais très légère, et masque des réalités différentes. La quasi-totalité de la population française en 2007 (99,6%) est située à moins de 15 minutes d’une épicerie ou d’une supérette ; cette part est de 97% pour les fleuristes et de 83,1% pour les magasins de meubles.
Les Français sont très attachés à ce type de commerce, créateur de lien social et économique. Il est essentiel d’inverser cette tendance et d’inciter les acteurs à s’organiser, innover, et, plus généralement, se réinventer.
Les deux organismes créés le 29 mai sont ainsi destinés à mobiliser et à fédérer les acteurs du secteur autour de la dynamisation et de la modernisation du commerce de proximité.
Composé de 16 membres, le Conseil a pour mission d’émettre des avis et des recommandations relatifs aux politiques publiques en faveur du commerce. La Commission d’orientation est chargée de mettre en place et d’observer les indicateurs du commerce, d’analyser les évolutions, de les diffuser, d’accompagner l’impulsion des actions collectives et d’encourager les méthodes innovantes qui ont montré leur efficacité.
Le Conseil stratégique sera présidé par Gérard Cornu, sénateur d'Eure-et-Loir.
A l’occasion de la séance d’installation, les premiers travaux ont porté sur les statistiques du commerce, sur le bilan et les perspectives du fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce (FISAC) et, enfin, sur la campagne de communication qui sera prochainement lancée pour promouvoir le commerce de proximité auprès des consommateurs.
Hervé Novelli a annoncé que quatre appels à projets nationaux seraient lancés prochainement, en liaison avec le réseau des Chambres de commerce et d'industrie et des Chambres régionales de commerce et d'industrie et les organisations professionnelles du commerce et de l’artisanat afin de collecter les bonnes pratiques mises en œuvre pour les valoriser et les diffuser. Ces projets concerneront les nouvelles technologies de l’information, les services associés, l’environnement et l’accessibilité.
Le commerce de proximité occupe une place essentielle dans notre économie et vitale dans l'animation des centres-villes et des communes rurales. Pourtant, il est aujourd’hui confronté à de nouveaux enjeux liés à de nouveaux comportements de consommation, à l’arrivée de nouveaux acteurs et à l’évolution démographique des Français. La création de ces deux structures permettra d’accompagner les acteurs dans ces nouveaux défis. Il est fondamental de mobiliser le tissu professionnel autour d’actions communes, d’accompagner le financement de projets de dynamisation, et d’expérimenter des services de proximité innovants pour faire de ce secteur un vivier de croissance et d’emplois.
18:45 Publié dans Economie - Finances | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.07.2009
Grégoire : Emploi menacé et familles inquiètes
Depuis ce week-end, ceux qui sont allés à Remiremont par la route de "Béchamp" ont pu voir le chapiteau dressé par les ouvriers de la papeterie "Grégoire" ainsi que les divers signalements et banderoles apposés sur les murs de l'entreprise pour manifester leur colère face à la perspective de nombreux licenciements qui s'annoncent dans ce "poumon" de l'économie navoiriaude. Ce sont en effet plusieurs dizaines de suppressions d'emplois qui sont envisagées par la direction.
Comme les différents moyens de presse locaux (TV / journaux) l'explicitent depuis quelques jours, les employés dénoncent une gestion prévisionnelle lamentable et dont le moins qu'on puisse dire et qu'elle n'avait pas anticipé la crise économique mondiale actuelle. Ceci ayant pour très probable conséquence de coûter leur emploi à de nombreux habitants de notre commune et de celles environnantes, qui n'ont pas besoin de cela. Et dont les perspectives de retrouver un emploi ne sont pas des plus optimistes par les temps qui courrent.
Loin de nous l'idée de noircir le tableau. Mais il ne faut pas non plus nier la réalité. Nous nottons avec satisfaction que Mme Le Maire est venue apporter son soutien aux ouvriers désemparés devant l'incertitude actuelle. Nous sommes persuadés qu'elle mettra tout son poids dans la balance pour convaincre les dirigeants de l'entreprise d'une part, et les collectivités locales de proximité d'autre part, de faire tout ce qui est en leurs pouvoirs respectifs pour préserver ensemble l'emploi.
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17.06.2009
> La CGPME des Vosges lance le dispositif « Inno-PME »
La CGPME des Vosges vient de lancer le dispositif d'accompagnement « Inno-PME » auprès de 1 000 TPE-PME (soit 20 000 salariés). Pour les amener à innover, la CGPME se propose de les sensibiliser à l'export, aux ressources humaines, aux partenariats, à l'innovation, leur permettre d'identifier les ressources adaptées à leurs besoins, accompagner celles qui le souhaitent dans un processus de développement et créer un réseau d'experts prêts à collaborer en ce sens. Le premier objectif consiste à accompagner 50 entreprises dans la mise en œuvre de nouveaux projets en 2009.
Dans notre département, les TPE-PME indépendantes représentent plus de 9 établissements sur dix et près de 60 % de l'emploi total marchand (d'après l'Insee). Elles relèvent surtout de trois secteurs : métallurgie-plasturgie, bois-ameublement-papier et textile.
TROIS PHASES
Élaboré depuis deux ans avec des enseignants et des élèves ingénieurs de l'ENSGSI, le dispositif 'Inno-PME' déclenché le mois dernier comprend trois étapes : « Inno-Guide », « Inno-Explorer » et « Inno-Sphère ». Dans un premier temps, les PME-TPE ciblées se voient adresser un « auto-diagnostic », ainsi qu'un support de réflexion pour le remplir (‘Inno-guide') : leurs dirigeants sont ainsi invités à effectuer leur propre « plan d'actions ».
Dans un deuxième temps, « les chargés de mission de la CGPME contactent les entreprises par téléphone et leur proposent un diagnostic global d'une demi-journée afin d'aller repérer sur place leurs besoins réels. Sur la première vague de 300 auto-diagnostics adressés, 15 entretiens 'diagnostic' ont été effectués, 19 autres étant programmés (sur un objectif de 100 fixé au départ).
A titre d'exemple, cela a permis à une entreprise spécialisée dans la mécanique et la logistique fragilisée d'identifier 4 axes de développement, notamment sur la partie commerciale et la R&D. Une autre TPE spécialisée dans les systèmes d'information a été soutenue pour l'élaboration de ses fiches de postes, dans le cadre de ses deux nouveaux recrutements. Le cas échéant, les pistes de développement identifiées entraînent des propositions d'accompagnement par un expert-partenaire.
« INNO-SPHÈRE »
Troisième étape : les entreprises volontaires pourront recourir à la plate-forme virtuelle ‘Inno-sphère' pour être accompagnés par la vingtaine de partenaires pressentis. Cette interface, opérationnelle à partir de septembre, devrait faciliter la gestion de 5 à 10 projets par mois en rythme de croisière.
Sur cette plate-forme, les chargés de mission du dispositif déposeront les propositions d'accompagnement réalisées auprès des entreprises. Alertés par un système de mots-clés, « les experts » partenaires pourront les consulter et adresser leurs conseils sous forme de comptes-rendus partagés. La CGPME 88 espère que la démarche sera efficace et reconnue. Elle envisage d'étendre le dispositif à la région Lorraine.
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20.04.2009
> Ecoscopie des Vosges
La Préfecture des Vosges et la Direction régionale de l’Insee Lorraine publient une étude conjointe sur la situation économique et démographique de notre département. Aboutissement d’une étude pilotée par l’Insee, «L’Écoscopie des Vosges» est le fruit d’un travail collégial entre les différents services de l’État.
Le département des Vosges, tout en tirant les leçons du passé, doit faire face aux évolutions sociologiques, démographiques et économiques que lui prépare l’avenir.
Dresser un état des lieux des forces et faiblesses, expliquer les principaux enjeux du développement économique départemental, placer l’ensemble de ces éléments en perspective, tel est le fil conducteur de ce diagnostic.
Articulée autour de cinq thèmes (population, conditions de vie, population active et marché du travail, filières et développement économique, territoire), cette étude donne une photographie précise et globale des Vosges.Au-delà des chiffres bruts, des tableaux et des graphiques, les auteurs ont voulu faire apparaître les enjeux premiers, pour mieux étayer les orientations et les décisions à prendre.
Ce travail constitue la première étape d’une réflexion collective plus vaste sur l’avenir du territoire vosgien dans les espaces lorrain et européen. Que cette aide à la décision sur l’avenir des Vosges fasse l’objet d’une large utilisation, qu’elle suscite débats et interrogations, constituerait la plus belle évaluation du travail réalisé par les différents contributeurs à cet ouvrage. Ils auront apporté leur pierre à l’édifice, celui de la construction des Vosges de demain.
PRESENTATION
Le département des Vosges, porte de la Lorraine sur l'Alsace et la Franche-Comté, présente un relief composé d'une zone de moyenne montagne à l'est et d'une plaine à l'ouest. Son armature urbaine repose sur Épinal, son chef-lieu, Saint-Dié-des-Vosges et Remiremont, ainsi que sur des agglomérations plus modestes, isolées dans la plaine ou s'étirant dans les vallées, mais qui assurent un réel maillage du territoire.
L'eau et le bois, très présents, sont à l'origine d'activités industrielles fort anciennes tels le papier et le verre, et l'emblématique textile des Vosges.
Profitant d'un environnement naturel remarquable, le tourisme est devenu une activité économique majeure qui se pratique aussi bien l'été que l'hiver, mais reste dépendante des aléas climatiques.
Plusieurs axes routiers irriguent le département dans le sens nord-sud, mais les liaisons internes souffrent de l'absence d'un axe performant dans le sens est-ouest. L'arrivée du TGV Est-européen a renforcé son attractivité, en attendant de venir se greffer au TGV Rhin-Rhône.
Les réflexions en cours sur le devenir des sites de Juvaincourt et Damblain et le projet de canal Saône-Moselle représentent autant de chantiers possibles pour de futurs éléments structurants.
SYNTHESE
Porte sud de la Lorraine, le département des Vosges se partage entre une zone de moyenne montagne à l’est et la Plaine à l’ouest.
Il a développé de longue date des activités liées à ses ressources que complète une industrie encore très présente et qui, malgré les crises successives, continue d’employer une part importante des actifs. Mais à l’image du textile, l’industrie vosgienne peine à s'inscrire dans une économie mondialisée.
La réalisation de grands éléments structurants dans le domaine routier et l’arrivée du TGV ont, ces dernières années, renforcé les capacités de mobilité des personnes et des marchandises. Mais pour trouver un nouvel élan, de nouvelles voies, qui concilient développement économique et préservation du capital naturel, s’avèrent indispensables tant dans les activités du secteur primaire que dans l’industrie ou les services.
L’avenir du département passe aussi par son ancrage aux métropoles de la Lorraine du nord, à l’heure où se profile le vieillissement de la population départementale, voire sa baisse. En parallèle, le vieillissement des actifs risque de générer des tensions inquiétantes sur certaines professions, notamment dans la santé et l'artisanat.
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L'intégralité de ce travail minutieux se trouve en ligne sur le site de la préfecture des Vosges
http://www.vosges.pref.gouv.fr/fichiers/actu/Actu-Economi...
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